Qu'est-ce qu'une MNBC ?
MNBC, pour Monnaie Numérique de Banque Centrale (en anglais : CBDC, Central Bank Digital Currency). Le terme désigne une forme numérique de monnaie publique, émise directement par une banque centrale — distincte de l'argent liquide, mais aussi distincte des cryptomonnaies.
Une définition en trois mots
Une MNBC est, littéralement :
- Une monnaie : elle sert d'unité de compte, de moyen de paiement et de réserve de valeur.
- Numérique : elle n'existe que sous forme électronique, sans incarnation physique.
- De banque centrale : elle est émise et garantie par une institution publique (BCE, Fed, Banque populaire de Chine…), et non par une banque commerciale ou une entité privée.
Ce qu'elle n'est pas
Trois confusions fréquentes :
Ce n'est pas une cryptomonnaie
Bitcoin ou Ether sont des actifs privés, sans émetteur central identifié, dont la valeur fluctue librement. Une MNBC est au contraire adossée à une banque centrale et sa valeur est égale à celle de la monnaie nationale (un euro numérique vaut un euro tout court).
Ce n'est pas un stablecoin
Les stablecoins (USDT, USDC) sont des jetons privés adossés à une monnaie souveraine. Ils imitent le dollar, mais ne sont pas le dollar. Une MNBC est la monnaie souveraine, sous forme numérique.
Ce n'est pas l'argent sur votre compte bancaire
L'argent sur votre compte courant est de la monnaie commerciale : une dette de votre banque envers vous. Une MNBC est une dette de la banque centrale envers vous — qualitativement différente, beaucoup plus sûre.
Deux familles de MNBC
On distingue classiquement :
- Les MNBC de détail (retail CBDC), accessibles au grand public. C'est la famille à laquelle appartient l'euro numérique.
- Les MNBC de gros (wholesale CBDC), réservées aux banques et institutions financières pour leurs règlements interbancaires.
L'Europe travaille sur les deux projets en parallèle.
Pourquoi maintenant ?
Trois raisons expliquent l'accélération mondiale des projets de MNBC depuis 2020 :
- Le recul du cash. Dans plusieurs pays, l'argent liquide représente moins de 20 % des transactions. Les banques centrales craignent de perdre leur ancrage dans l'usage quotidien.
- La montée des cryptos et stablecoins. Leur succès pose la question d'une alternative publique, sous contrôle démocratique.
- La géopolitique des paiements. Les infrastructures de paiement en euro dépendent largement d'acteurs non européens (Visa, Mastercard, SWIFT). Une MNBC est aussi un outil de souveraineté.
Qui travaille sur une MNBC ?
Selon la Banque des règlements internationaux (BIS), plus de 130 banques centrales explorent ou développent une MNBC. Une poignée ont déjà lancé (Bahamas, Nigeria, Chine à grande échelle), d'autres testent (Suède, zone euro), d'autres enfin ont explicitement renoncé ou ralenti (États-Unis, Canada).